7 clés pour avoir le bon état d’esprit du parent séparé bienveillant

Se séparer, c’est une chose. Avoir le bon état d’esprit pour réussir une séparation bienveillante… c’en est une autre 😉

Beaucoup ne parviennent pas à ce résultat, il est difficile d’avoir un bon état d’esprit, souvent parce que leurs émotions sont trop fortes au moment de la séparation. Colère, ressenti, sentiment d’injustice, déception, volonté de nuire à l’autre, jalousie, peur… il n’est pas rare que certains aient envie de faire “payer l’autre”.

Quelles sont les conséquences quand il y a des enfants ? Je n’ai pas besoin de vous faire un dessin pour vous expliquer combien c’est dommageable pour les enfants mais aussi pour les parents.

Ainsi, les séparations méritent une attention toute particulière afin d’accompagner au mieux les parents & les enfants qui vivent ce changement de vie. Car même dans une situation plutôt favorable, entendez “quand les parents s’entendent à peu près bien”, il s’agit déjà d’un grand bouleversement pour toute la famille. 

Ainsi, mettre en place un cadre bienveillant est intéressant pour accompagner cette séparation et ce changement de vie, au moment de la séparation ainsi que les années qui suivront ! Ce cadre  peut être mis en place par les parents, avec des principes à prioriser. J’ai globalement choisi ces clés en fonction de mon expérience personnelle, d’enfant de parents séparée puis de parent séparé. L’objectif est de répondre à cette question centrale  :

Comment améliorer son état d’esprit pour réussir une séparation bienveillante ?

Je partage avec vous ces 7 clés à appliquer sans modération :

Clé 1 : Prendre soin de soi, de son moral, de sa condition physique

Gérer une séparation, c’est un peu comme courir un marathon. Mais sans préparation… il faut gérer son état émotionnel, celui des enfants, faire face aux éventuelles disputes, trouver un nouveau logement le cas échéant, faire tout un tas de démarches administratives et j’en passe. Ah oui, organiser son déménagement, déménager, emménager… selon qu’on ait ou pas du soutien… en fonction de la quantité d’affaires qu’on a à transporter, cette étape peut être vraiment épuisante.

Et c’est à partir de là qu’on ne prend plus soin de soi… on n’a plus le temps, on n’a plus l’énergie, on n’en a même plus envie !!! Et c’est une des erreurs à éviter (même quand on est en couple d’ailleurs !). S’oublier… car c’est un peu comme en avion, il faut d’abord mettre son masque à oxygène et ensuite mettre celui des enfants ! Passer son temps à s’occuper des siens peut être source d’une grande fatigue. Si on ne s’aménage pas des pauses bien-être pour soi, dans quel état on se retrouve quelques mois après ? Oui, on voudrait que tout soit toujours parfait. Mais non ce n’est pas possible. Pas de mère parfaite, pas de père parfait (et … pas d’enfants parfaits non plus !).

OK alors maintenant, on s’offre un parfait moment de détente  😉

Demandez autant d’aide que possible, les amis, la famille, les collègues, les voisins, les gens sont souvent contents de rendre service. Par exemple, j’avais été très agréablement surprise d’obtenir de l’aide de parents d’élèves. Juste en évoquant mon déménagement prochain au jardin d’enfants, ils se sont proposés de me donner des cartons et des rouleaux de scotch. Ils ont aussi emmené mon fils (même classe que leur fille) en sortie loisirs, 2 ou 3 après-midi juste avant la date fatidique. J’ai été très touchée ! Des collègues m’ont aidée sans que je ne leur demande quoi que ce soit, ils ont pris un peu de temps de leur soirée pour m’avancer le déménagement. Des amis ont répondu présents pour mon déménagement, pour les travaux de déco, pour dépanner à des moments où j’étais débordée ! Et bien, de ce fait, demander et accepter de l’aide, c’est prendre soin de soi 😉

Quelles sont vos loisirs préférés, ceux qui vous font du bien, ceux qui vous permettent de vous détendre ?

C’est ceux-là qu’il faut pratiquer pour se sentir bien, avoir un bon état d’esprit, en forme pour s’occuper de tous ces changements.

Ensuite, vérifiez que vous êtes entourés de personnes positives et rassurantes, pas de personnes négatives. Bien s’entourer pendant ces étapes délicates de la vie est essentiel.

Après avoir pris du temps pour vous, vous devriez vous sentir mieux. Personnellement, ce qui me fait le plus grand bien c’est de prendre l’air, à vélo, à pied, faire du sport, écouter de la musique. Depuis quelques semaines -je ne pratiquais pas du tout au moment de ma séparation- j ai découvert que la méditation, la relaxation, expression de ma gratitude et l’éveil à la spiritualité avaient des effets très positifs sur moi. Meilleure gestion de mes émotions, détente, zen attitude sont maintenant au rendez-vous 🙂 J’aurai plaisir à vous partager ces découvertes prochainement. Je vous proposerai mes méthodes pour apaiser émotions négatives.

Nous venons de voir que vous deviez vous accorder du temps, maintenant, nous allons voir qu’il faudra aussi trouver du temps pour vos enfants 😉

Clé 2 : Se concentrer ensuite sur la santé et le bien-être des enfants, en mettant de côté les querelles d’adultes.

Priorité aux personnes les plus fragilisées par la situation : vos enfants.

En mettant vos enfants en tête de liste de vos priorités, vous serez plus à même de prendre de bonnes décisions les concernant.

  • Comment les aider à se sentir bien dans leurs nouveaux environnements ?
  • Comment les aider à organiser leurs affaires personnelles entre les deux logements ?
  • Comment apaiser leurs peurs ?
  • Comment maintenir une belle relation entre eux et chacun des parents ? …
  • ..(en fait la liste est infinie !)

Prendre soin de nos enfants, ce n’est pas seulement les nourrir, les habiller, les garder en bonne santé, c’est aussi les écouter. Il sera difficile d’assurer leur bien être si lorsqu’ils vous confient leurs peines, vous les balayez en disant “mais non mon chéri tout va bien se passer”. Idéalement, prenez le temps de les écouter réellement, et de parler sincèrement avec eux. Ensuite prenez le temps de leur répondre et de les rassurer. Dans les débuts, il faut énormément de patience pour apaiser nos enfants, surtout quand ils sont petits et qu’ils ne comprennent pas bien ce qu’il se passe. Quand les enfants sont des ado,… je vous dis bon courage ! Et plus sérieusement, de la même façon, soyez à leur écoute, dites-leur que vous êtes là pour eux, quoique très débordée par la situation… mais que vous trouverez toujours du temps à leur consacrer. Cependant, tous les enfants sont tellement différents qu’il ne m’est pas possible de vous proposer une solution toute faite. Mais pour les petits, je sais que tous autant qu’ils sont, ils ont besoin qu’on les écoute, qu’on leur prête de l’attention.

C’est un peu comme pour les bobos : quand on leur montre un intérêt sincère à leur douleur, qu’on a de l’empathie pour eux, nos bambins repartent vite vers de nouvelles aventures. Pour la séparation, c’est leurs émotions, leurs sentiments qui sont mis à rude épreuve. Il est important d’être à leur écoute, de leur accorder du temps. Parfois, ils auront besoin d’être rassuré en pleine nuit. A ce moment-là… souvenez-vous que l’une de vos priorité, c’est le bien-être de vos enfants et leur équilibre émotionnel.

Je résumerais cette clé en 2 mots : patience & écoute.

Nous avons vu dans ces 2 premières clés qu’il était important de prendre soin de vous, de vos enfants, et la clé numéro 3 ne vous semblera peut être pas aussi… habituelle….

Clé 3 : Être solidaire de son ex-conjoint

Cette clé vous étonne ou vous dérange ?

Pourtant, elle fait partie des 3 clés les plus importantes pour réussir cette étape délicate.

En effet, l’autre parent est toujours l’une des personnes les plus importantes dans la vie de votre enfant.

Si l’autre parent ne va pas bien, vos enfants risquent fort d’en souffrir. Si l’un des parents a plein de soucis chez lui pour être bien installé, type problème de plomberie, d’électricité, d’internet (ça sent le vécu !…), et que l’autre est en mesure de l’aider, le parent se sentira soutenu et aura plus de temps pour s’occuper des enfants et de lui-même. A une autre occasion, l’autre parent aura plaisir à aider son ex-conjoint à trouver des solutions sur d’autres problématiques. Soutien moral, flexibilité dans la garde des enfants, logistique, etc… les possibilités sont vastes.

Votre ex-conjoint peut également avoir à un moment donné des problèmes de santé. Il sera alors d’autant plus important de lui apporter un soutien, car il est le parent de vos enfants. Et que l’équilibre de vos enfant repose sur leurs deux parents (idéalement). Imaginez si c’est vous qui avez des problèmes de santé. Serait-il appréciable que l’autre parent prenne le relais ? Qu’il vous rende un service alors que vous êtes souffrant ? Vous êtes 2 à être les parents de ces mêmes enfants, et votre bien être à tous les deux est important.

Enfin, ce n’est pas en critiquant frontalement votre ex que les choses peuvent s’arranger ou que vous pourrez vous arranger vos agendas respectifs en fonction des besoins de chacun. Alors si vous avez des griefs à l’encontre de votre ex, il faudra bien réfléchir à votre manière de présenter les choses. Je ne suis pas une spécialiste de la communication, cependant, je sais que lorsqu’une personne est critiquée, elle se braque. A vous de trouver une façon plus agréable de présenter les choses.

Alors bien sûr, soyons clairs, aboutir à cette solidarité et ce respect entre ex quand on ne se supporte plus, ça demande du temps. C’est un vrai travail en profondeur et sur la durée. C’est vrai, ça prend du temps pour que votre ex-partenaire comprenne que tout ce que vous voulez, c’est le bonheur et le bien-être de vos enfants. Et qu’en agissant ainsi, au lieu de vous sentir stressé l’un et l’autre, vous devenez en fait des parents solidaires. Plus en couple. Mais des séparés bienveillants, bien intentionnés l’un envers l’autre. Gardez en tête que cet ex et la personne qui vous a permis d’être parent, que vous avez de la gratitude pour lui de vous avoir offert ce merveilleux cadeau. Garder en tête qu’il est courant au moment de la séparation et dans les semaines ou mois à venir de ressentir des émotions très négatives envers son ex. Je vous encourage surtout à faire en sorte de ne pas rester trop longtemps dans cet état d’esprit car il ne sera pas positif pour vous.

J’ajouterai que pour le bien-être de vos enfants, il est urgent  de ne jamais critiquer le père ou la mère de vos enfants en son absence. Vous ne feriez que les mettre dans une situation très désagréable. Les enfants aiment leurs deux parents. Laissez-les aimer leurs deux parents et ne leur imposez pas les histoires des adultes.

Et en parlant de critiques, il n’y a pas que votre ex à préserver 😉 Je vous recommande aussi d’être vigilant à ce que peuvent entendre les enfants…

Clé 4 : Ne pas critiquer les enfants entre parents, à côté d’eux !

Ils sont déjà en perte de repères, alors ils ont plutôt besoin de se sentir aimés et soutenus.

Je le donne en clé, que ça paraisse logique pourquoi pas, mais dans les faits, nombreux sont les parents à commenter les faits et gestes de leurs chérubins pendant la période de garde,… alors que ces derniers sont à même d’écouter. Oh bien sûr, vous avez l’impression qu’ils sont hyper concentrés sur autre chose, qu’ils jouent. Ce n’est qu’une illusion. Une personne, quelle qu’elle soit, adulte ou enfant, qui entend parler d’elle, orientera toute son attention sur ce qui est dit.

Les enfants ont tous des degrés de sensibilité différents, mais un enfant qui s’entend être critiqué par son parent se sentira blessé et même parfois humilié. Il faut reporter la conversation à plus tard, ou par un autre moyen.

Vous comprendrez que si je vous parle de ça, c’est en connaissance de cause 😉 Croyez-moi, votre enfant n’aura pas le même comportement s’il vous entend dire des choses positives ou négatives à son égard. Plus votre enfant vous sentira bienveillant envers lui, plus vos relations sont épanouies et meilleur sera votre état d’esprit.

Parler de façon positive de ses enfants en leur présence est un point très important à prendre en compte pour développer une belle relation avec votre ou vos enfants.

Clé 5 : Communiquer régulièrement, sans être intrusif

La communication se mettra en place tout doucement, à la fois avec l’autre parent, à la fois avec vos enfants. Avec des enfants en bas âge, il faut parfois des semaines ou des mois post séparation car le téléphone n’est pas vraiment leur tasse de thé. Le besoin de contacts à distance avec les enfants pourra être plus intenses par périodes et presque absent à d’autres périodes. En fait, la communication s’adaptera naturellement aux besoins de chacun, il faut se laisser le temps. Avec les plus grands, il est plus simple de leur demander ce qu’ils préfèrent.

Laisser l’enfant communiquer avec le parent absent quand il le souhaite.

Accepter si l’enfant n’a pas envie de communiquer avec le parent “absent”. J’ai été très surprise du mécanisme mis en place par mon fils de 3 ans à l’époque. Il ne s’adressait qu’au parent en charge de lui et refusait toute communication de l’autre parent. L’angoisse totale !!! Je peux vous dire que c’était dur à vivre et clairement, l’ego en prend un coup au début !. Ce mécanisme s’est atténué au fil du temps. Son père et moi avons donc dû accepter que notre fils avait choisi ce fonctionnement pour se protéger. Parfois, il a envie d’appeler, et là, c’est du bonheur ! Mais tous les enfants ont des réactions différentes, et puis aussi les plannings d’organisation de chaque famille séparée est différente.

L’objectif est donc d’accepter les besoins de l’enfant en matière de communication. Certains enfants voudront appeler tous les jours, d’autres jamais. Aux adultes d’être flexibles et disponibles, dans la mesure du possible bien sûr.

Clé 6 : Clarifier l’organisation avec l’enfant

Les enfants aiment être rassurés côté organisation. Vous connaissez peut être le principe de mettre en place le rituel du soir. Il en va de même pour l’organisation suite à une séparation.

Quand l’enfant sera-t-il chez son père ? Quand ira-t-il chez sa mère ? Pour les plus jeunes, combien de dodo chez maman, combien de dodo chez papa ?

L’organisation peut être modifiée sans problème du moment que votre enfant en est informé à l’avance. Un planning plus flexible est vraiment très appréciable, je peux en témoigner personnellement.

D’une manière générale, prenez soin de mettre en place des rituels, pour les affaires à donner à l’autre parent, pour quitter sereinement votre enfant. Rassurez-vous, ces rituels se mettent en place au fil du temps et peuvent bien sûr évoluer. Certains vont mettre en place une soirée spéciale “retrouvailles”, d’autres auront des mots affectueux différents (comme je suis heureux de te retrouver, tu m’as manqué…). On adapte selon sa personnalité et celle de l’enfant.

Et vous comment gérez-vous les retrouvailles et les séparations ? (vous pourrez laisser un commentaire à la fin de cet article)

Clé 7 : Ne pas entrer dans le jeu de l’enfant qui tente d’obtenir plus en disant que chez l’autre parent, il a tels droits ou telles choses.

On termine par un classico-classique de la séparation ! Cette sorte de chantage affectif que l’enfant cherche à mettre en place. Attention danger !!! Je vous encourage à ne surtout pas entrer dans cet engrenage.

Être bienveillant, c’est mettre des limites à son enfant, lui montrer qu’il y a un cadre. Le cadre, c’est nous adultes, qui le définissons et veillons à ce qu’il soit respecté. A nous de lui indiquer que son papa et sa maman sont en accord ensemble, qu’ils communiquent. Et que tous les deux disent “non” pour telle chose et que ce n’est pas négociable. Les enfants finissent par arrêter leurs tentatives. Je vous prie de croire qu’on a de la chance d’être au 21èe siècle avec les messageries instantanées, c’est hyper pratique 😀 Et on retrouve tout l’intérêt d’instaurer une bonne communication entre les parents. Sans ce bon fonctionnement, les enfants peuvent profiter du système défaillant !

Ah oui, et je le dis au cas où, mais il n’y a pas de compétition du meilleur parent… je suis consternée quand je vois des parents qui sont en mode “campagne électorale” avec leurs enfants, à tout céder. Le problème en faisant cela, c’est que vous ne leur rendez pas service ! Par exemple, céder à toutes les demandes de sucreries de l’enfant l’amènera à un déséquilibre alimentaire, céder aux demandes pour utiliser les écrans de nombreuses heures (tablettes, consoles, ordi…) ne sera pas favorable à son développement (et plus l’enfant est jeune, pire c’est pour le développement de son éveil et de son cerveau). Je me limite à ces deux exemples principaux. Pourtant, la santé de votre enfant et son bien-être font partie de vos priorités, non ?

Pour résumer, voici les 7 clés proposées pour développer le bon état d’esprit du parent séparé bienveillant :

Clé 1 : Prendre soin de soi, de son moral, de sa condition physique
Clé 2 : Se concentrer ensuite sur la santé et le bien-être des enfants, en mettant de côté les querelles d’adultes.
Clé 3 : Être solidaire de son ex-conjoint
Clé 4 : Ne pas critiquer les enfants entre parents, à côté d’eux !
Clé 5 : Communiquer régulièrement, sans être intrusif
Clé 6 : Clarifier l’organisation avec l’enfant
Clé 7 : Ne pas entrer dans le jeu de l’enfant qui tente d’obtenir plus en disant que chez l’autre parent, il a tels droits ou telles choses.

J’espère que certaines de ces clés vous permettront d’envisager votre séparation sous un autre angle.

  • D’ailleurs, quelles clés utilisez-vous déjà ?
  • Quelles clés ne vous seraient jamais venues à l’esprit ?
  • Et surtout, quelles astuces mettez-vous en place pour améliorer la vie de vos enfants, suite à votre séparation ?
Vous êtes libre de partager avec bienveillance vos expériences, vos questionnements et vos encouragements dans les commentaires ci-dessous. J’aurai plaisir à vous répondre et à publier d’autres articles sur des points qui vous intéressent plus particulièrement.

Émilie Aubin

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